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  • Prévention du diabète : une efficience qui peut varier selon les programmes


  • CNAMTS, Mise en ligne le

  • 26/10/2015


Historique et évolution des programmes de prévention

Les projets de mise en œuvre de programmes ciblés de prévention du diabète de type 2 dans des populations à haut risque s’appuient sur les résultats des essais cliniques importants menés dans différents pays depuis les années 80 et 90. Ces derniers ont démontré qu’il est possible de réduire significativement l’incidence du diabète de type 2 dans des groupes de personnes à haut risque, en mettant en place des programmes intensifs de changement de mode de vie (combinant promotion de l’activité physique et modifications de l’alimentation). De nombreuses études ont cherché à transposer ces approches dans le cadre de la vie réelle avec des résultats plus variables probablement dépendant des modes d’organisation retenus et de la nature et de l’intensité des interventions.
Dans le même temps, l’efficience (rapport cout-efficacité ou coût-utilité) des programmes a été évaluée. Une revue récente très détaillée de 28 études économiques sur ce sujet montre que la plupart de ces travaux concluent à l’acceptabilité économique de ces programmes sur la base des ratios d’efficience obtenus et ce quel que soit le pays considéré. Ce résultat ne signifie pas pour autant que ces programmes se traduisent par un bénéfice net financier mais que les coûts entraînés semblent acceptables au regard de l’efficacité exprimée en QALY (années de vies ajustées par la qualité). Les programmes les plus efficients sont ceux qui s’appuient sur des interventions en groupe conduites dans le cadre des prises en charge en soins primaires ou dans la communauté essentiellement parce que ces programmes sont moins coûteux pour une efficacité similaire.

Exemple d’une étude récente conduite au Royaume-Uni à la demande du NIHR  

Très récemment, une nouvelle étude conduite au Royaume-Uni à la demande du National Institute for Health Research a cherché à prolonger cette réflexion en modélisant l’impact d’un programme de prévention dans 6 différents sous-groupes considérés comme à risque élevé de développer un diabète dans ce pays : les personnes originaires d'Asie du Sud, les personnes du quintile le moins favorisé sur le plan de leur statut socio-économique, les individus avec un taux d'HbA1c>42 mmol/l (6%), les individus avec un IMC> 35 kg/m², les personnes âgées de 40-65 ans, et les individus avec un score de risque de diabète établi à partir du questionnaire de référence finlandais (FINDRISC) > 0,1. Les auteurs ont simulé l’impact de programmes de prévention d’intensité variable (définis par leur impact sur l’IMC, le niveau d’HbA1c, la pression artérielle et le niveau de cholestérol total) combinant activité physique et conseils alimentaires dans ces différentes populations.

Résultats de l’étude

Les résultats montrent que ces programmes sont coût-efficaces dans tous les groupes à risque considérés et ce, quelle que soit l’intensité de l’intervention retenue. En revanche les gains de santé obtenus, comme les niveaux d’efficience sont très variables selon les groupes ciblés. Par exemple, les programmes ciblant les individus de 40-65 ans, les populations d’Asie du Sud ou les personnes à faible niveau socio-économique sont surtout efficace pour réduire les risques cardio-vasculaire mais moins pour éviter l’apparition de nouveaux cas de diabète que les programmes ciblant spécifiquement des groupes identifiés par leur niveau d’HbA1c ou leurs réponses au questionnaire FINDRISC.
Cibler les interventions sur les personnes d’origine asiatique, les individus avec un taux d'HbA1c> 42 mmol/l (6%) ou issus de milieux socio-économiques défavorisés sont les options les plus coût-efficaces. Cibler les personnes ayant un score élevé sur le questionnaire FINDRISC est moins efficient que toute autre option.

Conclusion et projet CNAMTS

Ce type de réflexion devrait idéalement être conduit dans tous les pays envisageant de mettre en place de tels programmes de prévention afin de cibler au mieux les populations concernées. On peut rappeler à ce propos que la CNAMTS va mettre en place une expérimentation à grande échelle de programmes intensifs de prévention du diabète par le changement des habitudes de vie (proposition 4 du Rapport au ministre chargé de la Sécurité sociale et au Parlement sur l’évolution des charges et des produits de l’Assurance Maladie au titre de 2016 (loi du 13 août 2004)).

Articles en question :

Li et al. Economic Evaluation of Combined Diet and Physical Activity Promotion Programs to Prevent Type 2 Diabetes Among Persons at Increased Risk: A Systematic Review for the Community Preventive Services Task Force. Annals of Internal Medicine. 2015 ; 163 (6) : 452-60 Breeze PR et al. Impact of Type 2 diabetes prevention programmes based on risk identification and lifestyle intervention intensity strategies: a cost-effectiveness analysis. Diabetic Medicine. doi: 10.1111/dme.12981

Lien vers l’article :
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/dme.12981/abstract;jsessionid=02ABB054A4EB79386BA1B778BA84D0EA.f02t04
http://annals.org/article.aspx?articleid=2395730&resultClick=3