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  • Dépistage de la rétinopathie diabétique


  • Par van Katwyk S, Jin YP, et al., Mise en ligne le

  • 23/01/2018


La rétinographie avec lecture différée est prise en charge par l’Assurance Maladie depuis 3 ans. Certains pays s’interrogent encore sur l’efficience du remboursement de ces actes.

Contexte

Afin de contribuer à améliorer le dépistage de la rétinopathie diabétique, l'Assurance Maladie a décidé de prendre en charge en 2014 une nouvelle modalité de dépistage en coopération entre un orthoptiste formé à la réalisation de rétinographies et un médecin lecteur qui effectue leur lecture différée hors présence du patient. Plusieurs dispositions, telles que la prise en charge à 100 %, la pratique obligatoire du tiers payant et les dépassements d'honoraires non autorisés pour l'acte de lecture encadrent strictement ce dispositif et limite les restes à charge pour les patients.
Au Canada, ce dépistage n’est pas couvert par l’Assurance-Maladie dans plusieurs provinces. Une étude économique a été conduite sur la population de l’Ile du Prince Edward afin d’évaluer si l’assurance maladie publique devait ou non inclure un dépistage des rétinopathies diabétiques par les optométristes du point de vue du système de soins de santé.

L’étude

L’étude a reposé sur une modélisation coût-utilité probabiliste du dépistage simulant l'histoire naturelle de la rétinopathie parmi la population atteinte de diabète en fonction des données de prévalence et des probabilités de transition les plus récentes dans la littérature. Le modèle distinguait 5 états de santé : pas de rétinopathie diabétique ; une rétinopathie diabétique simple ; une rétinopathie diabétique pré-proliférative ; une rétinopathie diabétique proliférante ; et la perte de la vision utile comme stade terminal. Chaque année (sur 30 ans), les individus inclus dans le modèle pouvaient être dans l’un de ces 5 stades ou décéder selon les probabilités de transition annuelles. Les coûts de prise en charge et les utilités (préférences collectives) correspondant à ces situations cliniques ont été documentés à partir de données locales ou de sources de la littérature.
L'extension de la couverture publique des soins de santé aux examens oculaires par les optométristes était associée à des coûts plus élevés (9 908 543 $) mais à des gains en QALY (années de vie ajustées par la qualité) (156 862) sur 30 ans. Le ratio différentiel coût-résultat du dépistage par rapport à l’absence de dépistage s’établissait à 1 668 $ / QALY gagné ce qui est généralement considéré comme extrêmement faible pour les interventions de santé et donc efficient. L'analyse de sensibilité a montré que les déterminants les plus importants sur les résultats étaient le coût du dépistage optométrique et les scores d'utilité sélectionnés. En retenant un seuil d’acceptabilité de 50 000 $ / QALY gagné, la probabilité que la prise en charge des examens optométriques de dépistage de la rétinopathie diabétique soit acceptable sur le plan économique était supérieure à 99,99%.

Commentaire

Bien entendu, les auteurs concluent à l’issue de leur analyse qu’il est indispensable que les assurances publiques de santé au Canada prennent en charge ces examens de la vue par les optométristes chez les patients diabétiques.
Il est rassurant de constater que ces simulations confirment les choix effectués en France et on ne peut être que satisfait que ces décisions aient été prises plus tôt que dans d’autres pays développés.

Articles en question :

van Katwyk S, Jin YP, Trope GE, Buys Y, Masucci L, Wedge R, Flanagan J, Brent MH, El-Defrawy S, Tu HA, Thavorn K. Cost-Utility Analysis of Extending Public Health Insurance Coverage to Include Diabetic Retinopathy Screening by Optometrists. Value Health. 2017;20(8):1034-1040. doi: 10.1016/j.jval.2017.04.015

Lien vers l’article : Van Katwyk 2017
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