Dimension économique /

  • PLFSS et Journée diabète


  • Bruno Detournay, Mise en ligne le

  • 29/11/2016


La discussion annuelle du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale est devenue depuis 1996 un moment important de la vie parlementaire.

Et ceci au même titre que, pour le Gouvernement, la construction, la présentation au Parlement et la mise en œuvre de ce projet de loi constituent le vecteur essentiel de sa politique en matière de sécurité sociale.
Il apparaît intéressant à l’occasion de la Journée Mondiale du Diabète de regarder le contenu du texte en cours d’élaboration.

Financement

Premier élément d’importance, l’Objectif National des Dépenses d’Assurance-Maladie qui encadre les dépenses de ville, en établissements de santé comme les dépenses de prévention (à travers les Fonds d’intervention régionaux) et les établissements médico-sociaux devrait augmenter en 2017 de 2,1% pour atteindre 190,7 Milliards d’euros. Cette augmentation sera surtout destinée à couvrir des dépenses nouvelles (hausse des consultations médicales, revalorisation salariales dans la fonction publique et dynamique des dépenses de médicaments innovants principalement en cancérologie). Ces surcoûts seront en partie financés par des économies dont les principales portent sur les médicaments et les dispositifs médicaux qu’il s’agisse de réduire leur prescription en volume ou de baisser leur prix. On peut ainsi penser que les patients continueront à avoir quelques difficultés à pouvoir bénéficier d’innovations dans la prise en charge du diabète comme cela a pu être observé ces dernières années.

Prise en charge à l’hôpital

A l’hôpital, au-delà des efforts généraux demandés (qui portent principalement sur les achats) une mesure nouvelle devrait impacter la diabétologie. Il s’agit de lever différents obstacles au développement des prises en charge ambulatoires, notamment en répondant à la problématique des prises en charge « intermédiaires » entre l’activité externe des établissements de santé et l’hospitalisation de jour. Certaines prises en charge réalisées en établissements de santé, nécessitent en effet la mobilisation coordonnée de professionnels médicaux, paramédicaux ou socio-éducatifs et la réalisation d’une synthèse médicale sans pour autant nécessiter la mobilisation d’une place d’hôpital de jour ou le recours à un plateau technique.
Ces prises en charge, qui sont au cœur du suivi des patients atteints de maladies chroniques, telles que le diabète, sont mal valorisées dans le modèle actuel de financement. Un niveau de tarification intermédiaire entre prise en charge externe et hospitalisation de jour devrait améliorer la situation.

Conclusion

Enfin le PLFSS 2017 maintien l’effort financier en direction de la prévention et propose même quelques mesures spécifiques. Il ne semble pas pour autant que ces dernières adressent aujourd’hui de manière claire le problème du diabète.
On ne peut donc pas dire que cette dernière LFSS du quinquennat est porteuse d’une ambition claire en faveur des patients diabétiques alors que ces derniers continuent à être de plus en plus nombreux. L’objectif semble clair : l’augmentation de la prévalence de la maladie devra être compensée par une baisse équivalente des coûts de prise en charge…

Le contenu de cet article n’engage que le point de vue de ses auteurs.