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  • Les troubles urinaires du diabète : à dépister aussi !


  • PAR Capon G et Al., Mise en ligne le

  • 08/01/2016


Les atteintes vésicales sont plus fréquentes chez les patients diabétiques mais sont mal évaluées car leur dépistage n’est pas codifié à la différence des autres complications.

Troubles urinaires chez le patient diabétique

Les symptômes du bas appareil urinaire sont plus fréquents chez les diabétiques et touchent entre 37 et 50 % des patients selon les publications. Leur incidence augmente avec l’âge, l’ancienneté du diabète et les complications du diabète. D’autres facteurs peuvent également intervenir comme le surpoids ou les facteurs locaux (hypertrophie de la prostate chez l’homme, prolapsus chez la femme). On peut distinguer sur le plan physiopathologique deux types de pathologies : les troubles du remplissage vésical (à l’origine de pollakiurie, de nycturie, d’urgenturie et d’incontinence urinaire) et les perturbations de la vidange vésicale.

Ces troubles vésicaux retentissent sur la qualité de vie des patients, favorisent les infections urinaires et peuvent avoir des conséquences sur le haut appareil.

Dépistage de la pathologie

Le dépistage n’est pas codifié et les auteurs proposent un dépistage systématique en deux temps. Cette démarche débute par un interrogatoire conduit par le médecin généraliste ou le diabétologue afin de caractériser les troubles vésicaux et rechercher des troubles associés génito-sexuels ou ano-rectaux. Une échographie rénale et vésicale doit être systématiquement réalisée avec la recherche du résidu post-mictionnel car celui-ci est fréquemment asymptomatique.

La réalisation d’explorations complémentaires (examen bactériologique urinaire, débitmétrie, bilan urodynamique) par un urologue se fera en seconde intention si le résidu post-mictionnel est important, s’il existe des complications infectieuses ou en cas d’échec des traitements symptomatiques instaurés.

Prise en charge du patient et traitement

La prise en charge a pour objectif de préserver la fonction rénale, de prévenir le risque infectieux et d’améliorer la qualité de vie du patient. Elle sera nécessairement globale et adaptée au mécanisme physiopathologique et ne diffère pas de celle de la population générale. L’équilibre du diabète et la perte de poids sont indispensables. Cependant tous les traitements n’ont pas été évalués spécifiquement dans la population diabétique et certains risques spécifiques doivent être pris en compte comme le risque infectieux et les risques liés à la neuropathie autonome, cardiaque en particulier.

Conclusion

Cet article nous interpelle sur un sujet souvent négligé et pourtant lourd de conséquences et fait une revue intéressante des moyens thérapeutiques possibles.

Article en question : Curinaire : une revue du de neuro-urologie de l’Association française d’urologie. Prog Urol 2015 : in press.

Lien vers l’article : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1166708715005941

Le contenu de cet article n’engage que le point de vue de ses auteurs.