Épidémiologie /

LES ACTUALITÉS

  • La personne diabétique… et ses dents ?


  • Par V. Preumont et Al., Mise en ligne le

  • 05/10/2016


Les relations entre le diabète et des parodontopathies sont en miroir, l’une favorisant l’autre et réciproquement. Quel est l’état des lieux dans un centre en Belgique ?

Cette étude monocentique est réalisée dans un service de diabétologie belge. Parmi les 160 patients inclus, 57 sont des patients diabétiques de type 1 (DT1) et 103 des patients diabétiques de type 2 (DT2). Un groupe contrôle de 50 sujets non diabétiques appariés sur le sexe et l’âge sont également inclus dans cette étude avec comme critère d’exclusion un antécédent d’alcoolisme chronique.

Six questions ouvertes sont posées et concernent le nombre de visite annuelle chez le dentiste, le nombre de brossage quotidien des dents, le type de brosse à dent, l’utilisation de fil dentaire, l’existence de saignement dentaire et enfin le nombre de dents ayant dû être enlevées ou qui ont été perdues en raison d’une parodontopathie.

Les patients diabétiques sont en moyenne âgés de 62 ans, les DT1 sont significativement plus jeunes que les DT2. L’ancienneté du diabète est de 26 ans chez les DT1 et de 17 ans chez les DT2. Les DT2 présentent plus de complications rénales que les DT1. L’HbA1C est en moyenne à 7,95%, sans différence significative selon le type de diabète. La consommation de tabac est également équivalente.

La comparaison entre les patients diabétiques et le groupe contrôle montre l’absence de différence concernant le nombre de visite annuelle chez le dentiste, le nombre de brossage quotidien des dents ou le type de brosse à dent. Il n’existe pas non plus de différence entre les deux groupes sur la consommation de tabac ou le niveau d’éducation. Les diabétiques utilisent moins souvent le fil dentaire que les sujets contrôles non diabétiques, décrivent plus de saignement gingivaux (30% vs 12%, p=0,003) et plus perte de dents (45% vs 18%, p=0,003). L’utilisation de fil dentaire et d’une brosse électrique diminue le risque de perdre des dents.

Les DT1 et les DT2 ne se différencient que par une plus grande utilisation du fil dentaire chez les DT1. Cependant, le nombre de dents perdues est plus fréquent chez les DT2 (54% vs 29%, p=0,02) et est corrélé à la dégradation de la fonction rénale mais pas avec l’équilibre glycémique.

Cette étude démontre que l’hygiène et l’état de santé bucco-dentaire diffère peu entre les diabétiques et les sujets contrôles alors qu’il existe des recommandations internationales sur le sujet. Elle confirme la prévalence de cette affection chez le diabétique sans mettre en évidence de lien avec l’équilibre glycémique et le tabagisme. Les parodontopathies sont particulièrement graves chez les patients diabétiques car elles participent à la dégradation de l’équilibre glycémique, augmentent le risque cardiovasculaire et de décès ; elles doivent être considérées comme des complications à part entière du diabète et nécessitent d’être prises en charge comme les autres complications de la maladie. Une amélioration du dépistage et des soins sont donc nécessaire et ceci implique une meilleure collaboration entre les diabétologues et les dentistes.

Article en question: Oral hygiene behaviours and tooth-loss assessment in patients with diabetes: A report from a diabetology centre in Belgium.M. Buysschaert, C. Tshongo Muhindo, O. Alexopoulou, D. Rahelic, H. Reychler, V. Preumont .

Diabet Med – 2016 on line.

Lien vers l’article : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1262363616304785

Le contenu de cet article n’engage que le point de vue de ses auteurs.