Épidémiologie /

LES ACTUALITÉS

  • Quel impact du diabète sur la mortalité aux Etats-Unis ?


  • Par Longjian Liu et al. , Mise en ligne le

  • 12/12/2016


Le diabète est la 7ème cause de décès aux Etats-Unis. Cette étude permet de mieux évaluer le poids du diabète et le rôle des différents traitements dans la mortalité des patients.

Objectif

L’objectif de cette étude est de caractériser l’évolution de la prévalence du diabète aux Etats-Unis et son impact sur la mortalité toutes causes et sur les maladies cardiovasculaires. Elle se base sur l’analyse d’un échantillon randomisé de 272 149 sujets de 18 ans et plus ayant participé à la National Health Interview Surveys (NHIS) entre 2000-2009. La NHIS est une enquête transversale auprès des ménages qui sert de principale source d'information sur la santé de la population civile non institutionnalisée des Etats-Unis. L’échantillon est représentatif de la population américaine.

Résultats

Prévalence du diabète

Parmi les 272 149 participants, 8,2% étaient diabétiques. La prévalence du diabète a augmenté entre 2000 et 2009 dans tous les groupes d’âge et dans les deux sexes. Cette tendance est plus marquée chez les femmes chez lesquelles on observe 1,49 fois plus d'augmentation annuelle de diabète que chez les hommes ayant entre 55 et 64 ans et 1,38 fois plus d'augmentation que chez les hommes ayant entre 65 et 74 ans. L’augmentation de la prévalence de l’obésité joue un rôle très important.

Prédicteur significatif

Le diabète est un prédicteur significatif pour la mortalité toutes causes et la mortalité cardiovasculaire dans les deux sexes, avec un risque relatif excessivement plus élevé chez les femmes que chez les hommes.

La mortalité toutes causes et d’origine cardiovasculaire augmente avec l’âge, notamment après 65 ans, mais les patients diabétiques ont une mortalité significativement plus élevée que ceux qui n’ont pas de diabète, à l'exception de la mortalité par AVC dans certaines tranches d’âge, notamment chez les hommes de 18 à 54 ans et de plus de 75 ans et chez les femmes de plus de 75 ans.

Après un suivi en moyenne de 7,39 années, et après ajustement en fonction de l'âge ou de l'origine ethnique, les hommes diabétiques sont plus à risque que les non diabétiques : pour les décès toutes causes : HR = 1,56, IC 95%: 1,49-1,64, pour les décès liés à des maladies cardiaques : HR = 1,72; IC à 95%: 1,53-1,93, pour les AVC fatals : HR = 1,48, IC à 95% : 1,18-1,85, et pour les décès liés à des maladies cardiovasculaires : HR = 1,67; IC à 95%: 1,51-1,86. Les tendances sont les mêmes chez les femmes. Selon les modèles d’ajustement, le surrisque persiste chez les patients diabétiques mais devient non significatif lorsqu’on prend en compte la PA pour les AVC fatals. Enfin, si on exclut de l’analyse les patients qui ont à l’inclusion une maladie cardiaque et un accident vasculaire cérébral, les HR étaient encore atténués, à l'exception d'une augmentation légère mais non significative du HR pour les AVC fatals chez les femmes.

Les femmes dans cette étude ont un risque plus marqué de mortalité que les hommes mais le surrisque lié au diabète disparaît après ajustement sur tous les facteurs de risque.

Pour les traitements

Chez les hommes, 10% n’ont pas de traitement anti diabétique, 38,1% sont en monothérapie, et 51,9% ont plus de 2 antidiabétiques. Chez les femmes, les valeurs respectives sont de 10,3%, 40,4% et 49,4%.

Chez les hommes la monothérapie est représentée par l’insuline dans 37,2% des cas, de la metformine dans 27,3% et un sulfamide dans 25,9%. Chez les femmes, la metformine arrive en tête avec 33,2% suivie de l’insuline dans 33% puis des sulfamides dans 21,9%.

Le traitement combiné le plus fréquent est l’association metformine et sulfamide dans 20,1% chez les hommes et 21,9% chez les femmes.

La metformine en monothérapie ou un traitement combiné de la metformine avec d'autres médicaments antidiabétiques a montré un risque significativement réduit de mortalité toutes causes confondues. Cette association protectrice est restée significative après ajustement pour l'âge, le sexe, l'origine ethnique, l'année d'enquête, les antihypertenseurs et les hypolipémiants. La metformine a aussi un effet protecteur mais non significatif sur la mortalité par maladie cardiovasculaire.

Article en question : Longjian Liu et al. Impact of diabetes mellitus on risk of cardiovascular disease and all-cause mortality: Evidence on health outcomes and antidiabetic treatment in United States adults. World J Diabetes 2016 October 15; 7(18): 449-461

Lien vers l’article :DOI:10.4239/wjd.v7.i18.449

Le contenu de cet article n’engage que le point de vue de ses auteurs.