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  • Rein : c’est pas mieux … mais on fait mieux !


  • Rachel R Huxley et al., Mise en ligne le

  • 15/01/2018


L’étude de suivi des cohortes de DT1 nous permet de mieux connaître l’évolution des complications, notamment rénales.

Contexte

Les complications rénales touchent toujours 30 à 40% des patients atteints de DT1. Les progrès thérapeutiques de ces dernières années et notamment l’utilisation des bloqueurs du SRA ont apporté la preuve de leur protection rénale chez les patients diabétiques avec protéinurie. Mais l’incidence de l’insuffisance rénale terminale a-t-elle pour autant diminué ?

L'étude

Les auteurs ont évalué les complications rénales dans la cohorte Pittsburg EDC, étude prospective et représentative menée chez les enfants chez lesquels le diagnostic de DT1 a été porté entre 1950 et 1980. Parmi les 1124 patients éligibles, 145 étaient décédés avant le début de l’étude, 191 n’ont pas souhaité participer, 130 ont simplement répondu à une enquête et 658 ont bénéficié d’une évaluation complète biannuelle. L’objectif est double : évaluer l’impact de l’âge au moment du diagnostic du diabète sur les complications rénales (avant ou après la puberté) et l’incidence des complications rénales au cours du temps sur une durée de suivi de 25 ans.

La présence d’une microalbuminurie est définie par une EUA entre 30 et 300 mg/jour, d’une macroalbuminurie par une EUA>300 mg/jour sur au moins 2 des 3 échantillons biannuels d’urine. Une anomalie est dite persistante si elle est présente sur deux prélèvements urinaires consécutifs ou si un traitement par bloqueur du SRA a été débuté. L’apparition d’une insuffisance rénale terminale (IRT) est définie par le début d’une dialyse ou par une transplantation rénale. Quatre paramètres sont évalués : microalbuminurie, macroalbuminurie, insuffisance rénale terminale et un critère composite associant insuffisance rénale terminale et mortalité toutes causes.

L’âge moyen au moment du diagnostic de diabète est de 8,7 ans. L’incidence cumulée des 4 critères augmente avec l’ancienneté du diabète. Ainsi après 50 ans de diabète, l’insuffisance rénale terminale touche 60% de la cohorte, la microalbuminurie 72% et la macroprotéinurie 88%.

L’incidence de la micro et de la macroalbuminurie semble moins importante lorsque le diabète a été découvert avant l’âge de 6 ans, mais cet effet s’estompe avec le temps. Néanmoins, l’incidence cumulée d’IRT et de mortalité toute cause diminue lorsque le diagnostic de diabète a été porté à un âge plus jeune.

Les hommes développent plus de complications rénales que les femmes lorsque le diagnostic a été fait entre 1950 et 1964 et après l’âge de 6 ans, mais le sexe n’est pas significativement associé aux complications rénales après ajustement pour l'âge au diagnostic et l'âge chronologique.

Si l’incidence de la micro et de la macroalbuminurie reste identique entre la cohorte la plus ancienne (diagnostic du diabète entre 1950 et 1964) et la plus récente (diagnostic du diabète entre 1965 et 1980), l’incidence de l’IRT et du critère IRT et mortalité totale a diminué entre les deux périodes. Ce qui témoigne d’une meilleure prise en charge de la néphropathie diabétique mais pas de sa prévention.

Commentaire

Les complications rénales ne diminuent pas chez les patients diabétiques de type 1, ce qui a d'importantes répercussions sur les stratégies de soins de santé et de recherche. L'IRT a diminué, mais reste encore très fréquente chez les « vieux » DT1.

L’étude de suivi des cohortes de DT1 nous permet de mieux connaître l’évolution des complications, notamment rénales.

Article en question : Tina Costacou and Trevor J. Orchard. Cumulative Kidney Complication Risk by 50 Years of Type 1 Diabetes : The Effects of Sex, Age, and Calendar Year at Onset. Diabetes Care Publish Ahead of Print, published online October 13, 2017

Lien vers l’article : https://doi.org/10.2337/dc17-1118

Le contenu de cet article n’engage que le point de vue de ses auteurs.