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  • Surmortalité des diabétiques transplantés rénaux


  • Par Wai H Lim et al. , Mise en ligne le

  • 09/01/2017


Le pronostic des diabétiques ayant subi une transplantation rénale reste moins bon que ceux des patients non diabétiques.

Contexte

Le diabète est toujours aujourd’hui une des premières causes d’insuffisance rénale terminale dans le monde. Si la transplantation rénale représente le traitement de choix, l’accès à ce traitement reste difficile pour les patients atteints de diabète. De plus, le pronostic de ces patients diabétiques transplantés reste moins bon que celui des transplantés non diabétiques. Il existe enfin peu de données sur cette population. L’objectif de cette étude australienne est double : évaluer le pronostic à long terme de ces patients et de leur greffon et déterminer le lien qui existe entre le diabète, l’âge du patient (moins de 40 ans, entre 40 et 50 ans ou après 50 ans) et la date de la transplantation (1994–99, 2000–05, 2006–12).

L’étude

Cette étude de cohorte de population comprend tous les receveurs de transplantation rénale inclus dans le registre de dialyse et de transplantation en Australie et en Nouvelle-Zélande entre le 1er janvier 1994 et le 31 décembre 2012. L’exposition au diabète ne prend en compte que les patients dont le diagnostic a été porté avant la transplantation rénale et pas ceux qui sont devenus diabétiques après celle-ci. Les critères primaires sont la mortalité toutes causes et la mort avec greffe fonctionnelle.
Pendant la durée de l’étude, 10 714 patients ont reçu une greffe rénale. Parmi ces patients ; 985 (soit 9%) sont diabétiques de type 2. Les receveurs diabétiques sont significativement plus âgés que les non diabétiques et plus souvent polyvasculaires. Parmi les causes d’insuffisance rénale chez les diabétiques, la néphropathie diabétique représente 67% des cas, suivie par les glomérulonéphrites et la polykystose rénale. Enfin, parmi les receveurs de greffe rénale, la proportion de diabétiques a doublé au cours de ces dernières années passant de 6% entre 1994-99 à 12% dans la période 2006-12.

Résultats

Les taux de mortalité toutes causes et de décès avec greffe fonctionnelle sont plus élevés chez les receveurs atteints de diabète de type 2 comparés à ceux sans diabète, en particulier chez les moins de 40 ans et les patients âgés de 40 à 55 ans. Chez les patients de plus de 55 ans, cette différence disparaît.
Le HR de mortalité toutes causes et de décès avec greffe fonctionnelle chez les diabétiques versus non diabétiques sont respectivement de 1,60 (IC 95%: 1,37-1,86 et p <0,0001) et 1,54 (IC 95%: 1,28-1,85 et p <0,0001). Le taux de mortalité est plus élevé lorsque le receveur est âgé de moins de 40 ans qu’il soit diabétique ou non avec un risque nettement majoré chez les diabétiques avec un HR de 5,16 (IC 95%: 2,84-9,35 et p <0,0001) pour la mortalité toute cause et de 9,83 [4,51–21,43], p<0,0001 pour les décès avec greffe fonctionnelle. Les principales causes de mortalité sont d’origine cardiovasculaire et infectieuse chez les diabétiques. La période de la transplantation (1994–99, 2000–05, 2006–12) n’intervient pas dans le risque de mortalité.

Ainsi malgré une amélioration globale du pronostic des patients diabétiques, les patients ayant dû subir une transplantation rénale ont un risque de mortalité doublé par rapport aux non diabétiques et ce risque est d’autant plus marqué que les patients sont plus jeunes et ne s’est pas amélioré avec le temps. Cette augmentation de mortalité témoigne sans doute d’une atteinte plus sévère chez le sujet jeune et rend nécessaire une prise en charge plus agressive des facteurs de risque cardiovasculaire. 

Articles en question

Wai H Lim et al. Long-term outcomes of kidney transplantation in people with type 2 diabetes: a population cohort study. Lancet Diabetes Endocrinol 2017; 5: 26–33

Lien vers l’article :
http://dx.doi.org/10.1016/S2213-8587(16)30360-6

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