Épidémiologie /

  • Le diabète et les espoirs de la chirurgie métabolique.


  • Lyse BORDIER, Mise en ligne le

  • 29/11/2016


La chirurgie bariatrique a démontré chez le diabétique une efficacité supérieure au traitement médical tant dans la perte de poids que dans l’amélioration du contrôle glycémique.

Le bénéfice pondéral est prolongé comme cela a été démontré dans l’étude SOS qui est actuellement à sa vingtième année de suivi et plus marqué dans la technique du by pass gastrique. Dans cette étude, la chirurgie bariatrique permet de prévenir l’apparition d’un diabète et d’obtenir une rémission du diabète qui atteint 70% des patients à 2 ans et encore près de 30% à 15 ans après la chirurgie. Cette rémission semble d’autant plus prolongée que le diabète est récent et permet de réduire les complications microangiopathiques de la maladie. Lors du dernier congrès de l’EASD en septembre, le docteur M. Taube a présenté une nouvelle analyse de SOS chez 343 patients diabétiques de type 2 ayant un IMC de 42,1 kg/m2, opérés et suivis en moyenne pendant 19 ans et a démontré que c’était la rémission prolongée du diabète qui était associée à une diminution des complications microangiopathiques.

Ce résultat est un argument supplémentaire pour proposer à nos patients diabétiques et obèses une chirurgie métabolique précoce dans l’évolution du diabète. Mais certaines questions ne sont pas résolues notamment à quel IMC minimum faut-il opérer les patients ? Il existe peu d’études évaluant le bénéfice de la chirurgie métabolique pour un IMC inférieur à 35 kg/m2 et il faut rappeler les recommandations de la HAS qui préconise d’opérer les patients diabétiques dont l’IMC est supérieur à 35 kg/m2. La chirurgie bariatrique comporte par ailleurs des risques péri et post opératoires, nécessite pour le by pass une supplémentation vitaminique certes non remboursée par les autorités de santé d'où le grand coût pour les patients. L’absence de suivi de ces traitements les expose à des complications graves. Enfin, dans certaines catégories de patients, notamment chez les femmes jeunes en âge de procréer, la chirurgie bariatrique et nécessite une programmation des grossesses parfois difficile à obtenir.


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