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  • Activité physique et pronostic de l’insuffisant cardiaque


  • PAR H.M Kemps et Al., Mise en ligne le

  • 15/02/2016


L’activité physique améliore le pronostic de l’insuffisant cardiaque. Mais tous les programmes se valent-ils ?

Bien qu’un entraînement à l’exercice physique aérobie ait démontré son efficacité dans les maladies chroniques en particulier pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque, il persiste un débat quant à la conception de ces programmes afin qu’ils soient adaptés à ces patients ainsi que pour spécifier les déterminants principaux de ces formations afin d’améliorer les capacités à l’exercice physique de ces patients.

Étude sur l’activité physique

Les auteurs ont ainsi effectué une analyse, méta-régression, des articles portant sur ce sujet visant à établir un classement des effets propres de chacune de ces formations sur l’amélioration des capacités à l’exercice physique chez les patients insuffisants cardiaques chroniques.

Les auteurs se sont axés sur quatre caractéristiques des formations : la fréquence des séances, la durée de la session, l’intensité et la durée totales du programme. Ce à quoi ils ont ajouté la dépense énergétique totale. Une recherche documentaire systématique a été effectuée sur la base d’essais contrôlés randomisés comparant chacune des formations à l’exercice aérobie aux résultats des soins habituels. Dix-sept articles ont été inclus dans l’analyse. La dépense énergétique totale est apparue comme la seule caractéristique des formations ayant un effet significatif.

Résultats d’une étude

Cependant, ces résultats sont fortement dominés par un essai « HF-action Trial », qui représente à lui seul 90 % du total des patients inclus dans l’ensemble des 17 études (1074 des 1488 patients) dont les résultats sont contradictoires à ceux d’autres études. Cependant une analyse approfondie, qui excluait les patients de « HF-action Trial », confirme que l’augmentation de la capacité d’exercice est principalement déterminée par la dépense énergétique totale, suivie par la fréquence des sessions, la durée et l’intensité des sessions. Ces résultats suggèrent que la conception d’un programme d’entraînement exige que l’objectif principal soit une dépense énergétique totale élevée. Toutefois ceci signifie qu’accroitre la fréquence et la durée de la session, permet l’atteinte de cet objectif.

Commentaire

L’activité physique représente aujourd’hui un élément essentiel de pronostic de la plupart des maladies chroniques, métabolique, cardiovasculaires, respiratoires, cancers, etc. Mais ces programmes très différents, certes construits sur des bases physiopathologiques solides mais variables, aboutissant à des programmes très différents. Pour l’insuffisance cardiaque cette étude met le doigt sur l’importance de la dépense énergétique totale donc sur ses principaux déterminants, fréquence et durée des sessions. Qu’en est-il des programmes dédiés à nos patients diabétiques de type 2, obèses, ou après chirurgie bariatrique ou métabolique, patients à pathologie mixte : métabolique et respiratoire, par exemple ? Nous devrions en tenir compte dans l’offre éducative et les programmes de réhabilitation, de réentrainement à l’effort qui visent à développer l’activité physique dans un contexte de maladie chronique. Favoriser la reprise de l’activité physique est une chose, en obtenir de réels bénéfices somatiques, sur des critères durs y compris sur le pronostic vital en est une autre. Construire un programme en ce domaine exige donc réflexion approfondie et travail de fond.

Article en question : T. Vromen, J.J. Kraal, J. Kuiper, R.F. Spee, N. Peek, H.M. Kemps. The influence of training characteristics on the effect of aerobic exercise training in patients with chronic heart failure: A meta-regression analysis. PII: S0167-5273(16)30206-6.

Lien vers l’article : http://www.internationaljournalofcardiology.com/article/S0167-5273%2816%2930206-6/abstract

Le contenu de cet article n’engage que le point de vue de ses auteurs.