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  • Adolescents diabétiques de type 1 : L’obésité vous guette


  • Minges K.E. et al. , Mise en ligne le

  • 04/05/2017


Le surpoids et l’obésité sont fréquents chez les adolescents avec DT1, surtout les filles. Nombre des facteurs y prédisposant peuvent être limités par la prévention et l’éducation


Contexte

L’obésité évolue de façon épidémique dans notre société, et les adolescents et jeunes adultes sont particulièrement concernés par cette progression. Déjà dans le DCCT (Diabetes Control and Complications Trial), il a été montré que les adolescents ayant un meilleur contrôle glycémique avaient un IMC légèrement plus haut, et un risque plus important de développer une obésité (33%). Les données épidémiologiques récentes confirment l’augmentation de la prévalence de l’obésité et du surpoids dans la population des adolescents diabétiques de type 1. Selon les études, et la zone géographique, elle varie entre 24,2 et 39 %.

L’adolescence, s’accompagne d’un risque accru de prendre du poids, d’autant plus que l’on est une fille. L’augmentation de la sédentarité (temps passe devant les écrans, …), transgression des règles dont les règles alimentaires antérieures, les conduites à risque…favorisent le surpoids et l’obésité.

Les adolescents diabétiques du type 1 partagent avec les autres cet environnement et ont des comportements similaires, mais à cela s’ajoute la présence du diabète. Le schéma basal-bolus, devenu le schéma recommandé, permet plus de flexibilité alimentaires avec, à cet âge, un risque d’apport calorique supérieur aux besoins. On note aussi, souvent un surdosage en basal qui stimule la faim. Ce facteur, que nous pouvons appeler « insuline », sera d’autant plus impactant que l’équilibre glycémique est meilleur et le taux d’hémoglobine glyquée plus bas. D’autres éléments vont intervenir comme le nombre des hypoglycémies, l’importance des resucrages et le moindre contrôle des apports en matières grasses du fait d’un focus important sur les glucides.

 

L’étude

L’étude, ici rapportée, s’attache à identifier les facteurs sociodémographiques, cliniques, d’équilibre glycémique, d’auto-soins qui jouent un rôle dans le risque de prise de poids à l’adolescence dans le diabète de type 1.

Plus de 5000 adolescents, âgés de 13 à 18 ans, faisant partie de la cohorte T1D Exchange Clinic Registry, ont participé. Cette cohorte est considérée comme un échantillon représentatif de la population pédiatrique et adulte dans le diabète de type 1 aux Etats Unis.

La prévalence du surpoids et de l’obésité dans la population étudiée est de 36%. Dix facteurs de risque ont été identifiés au terme de l’analyse multi variée : sexe féminin, ethnie non caucasienne, âge plus élevé, faible niveau économique familial, niveau d’étude parental plus bas, HbA1c plus basse, durée plus courte du diabète, des doses plus importantes d’insuline, suivi régulier par des professionnels de santé spécialisés (diabetes educator, psychologue, diététicien, assistant social…) et mauvaise perception de son état de santé.

 

Commentaire

Parmi les facteurs de risque identifiés dans cette population, certains sont modifiables. Ainsi une approche préventive du gain de poids, par l’intermédiaire d’une éducation thérapeutique ciblant les conduites à risque alimentaires, le juste dosage de l’insuline, l’activité physique et le sport..., mais aussi les compétences d’adaptation est nécessaire. Cette démarche est à développer avant tout pour les groupes plus à risque, comme les jeunes filles.

 

Article en question : Minges K.E. et al. Correlates of overweight and obesity in 5529 adolescents with type 1 diabetes: The T1D Exchange Clinic Registry. Diabetes Research and Clinical Practice 2017,126:68-78.

 

Lien vers l’article : http://dx.doi.org/10.1016/j.diabres.2017.01.012

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