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  • Diabète de type 2, co-morbidités et qualité de vie


  • Par Kamradt M et al., Mise en ligne le

  • 22/02/2017


Reconnaitre les déterminants de la détérioration de la qualité de vie permet une mieux prendre en compte les besoins lorsque la poly pathologie est là.

Contexte

La présence de poly pathologies, définie comme la survenue concomitante d’au moins deux maladies chroniques chez la même personne est devenue très fréquente plus particulièrement chez ceux qui ont plus de 65 ans. C’est particulièrement vrai pour le diabète de type 2. Des enquêtes réalisées aux Etats Unis dans le début des années 2000, montrent que près de 90 % des personnes diabétiques de type 2 présentent au moins 1 co-morbidité associée au diabète et 19 % plus de 4. Ainsi la poly pathologie devient « la norme » et le patricien, en particulier en médecine générale, se trouve confronté à des priorités en compétition pour chacune des maladies chroniques, mais aussi aux demandes concernant la vie quotidienne et la santé en général, rendant l’approche globale complexe et difficile.

L’approche

Dans ces situations, avoir une approche centrée sur le patient, en considérant ses besoins et attentes, doit être favorisé au dépend d’une approche par pathologie très orientée sur les résultats bio-clinques, comme par exemple le taux de HbA1c. Une approche holistique visant à améliorer la qualité de vie de la personne malade devrait être favorisée. Mais, la perception de la qualité de vie liée à la santé (Health Related Quality of Life – HRQoL) par les personnes atteintes de plusieurs maladies est encore peu étudiée. Connaitre les déterminants de la HRQoL dans cette population est une étape importante pour proposer une prise en charge personnalisée répondant aux besoins du patient en gardant une haute qualité des soins. Kamradt et al, lors d’une étude transversale effectuée dans 32 cabinets médicaux de pratique générale à Mannheim en Allemagne, explorent l’impact sur la HRQoL de patients diabétiques de type 2 avec co-morbidités, des facteurs socio-économiques, médicaux et émotionnels. 404 patients avec au moins deux maladies chroniques en plus du diabète de type 2, ont été inclus. Ils ont complétés plusieurs questionnaires (EQ-5D et PAIDshort) explorant leur HRQoL et la détresse liée au diabète. Ces questionnaires ont été complétés par des données sociodémographiques. Certaines pathologies associées ont un impact plus important sur la qualité de vie. Ce sont l’insuffisance cardiaque, la dépression, la maladie de Parkinson et la douleur chronique. L’analyse multi variée identifie 6 éléments individuels explicatifs pour le niveau de qualité de vie perçu. Le sexe féminin, un niveau d’étude plus bas, la mobilité (physique) réduite, la douleur chronique et l’IMC sont des facteurs inversement corrélés avec la qualité de vie. Plus la détresse liée au diabète (PAIDshort) est grande plus la qualité de vie est réduite.

Commentaire

L’étude nous montre l’importance de s’intéresser, au-delà des paramètres biocliniques, aux préoccupations de la personne diabétique de type 2, qui en définitive l’emporte surtout pour le sentiment de bien-être. La présence de certains facteurs est particulièrement délétère pour celui-ci. Les reconnaitre et les prendre en considération permet de mieux répondre aux besoins de la personne et d’avoir une approche centrée sur la personne. Par ailleurs une meilleure connaissance des facteurs qui impactent la qualité de vie va permettre de développer des outils pour mieux identifier les patients en souffrance et répondre à leurs besoins.

Article en question :

Kamradt M et al. Health-Related Quality of Life in Primary Care: Which Aspects Matter in Multimorbid Patients with Type 2 Diabetes Mellitus in a Community Setting? PLOS-ONE 27 janvier 2017

Lien vers l’article :

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http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0170883

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