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  • La dépression, lit du diabète


  • Par Burns RJ, et Al, Mise en ligne le

  • 31/08/2016


L’association dépression et syndrome métabolique réalise un cocktail explosif augmentant fortement le risque de diabète de type 2.

Contexte :

Les problèmes de santé mentale, telle la dépression ou l’anxiété, se retrouvent fréquemment chez les personnes vivant avec un diabète de type 2. Trois méta analyses récentes suggère que l’incidence du diabète de type 2 chez des personnes souffrant de dépression, est augmentée de 37 à 60 %. Les mécanismes reliant dépression et diabète de type 2 restent encore insuffisamment connus.

Le syndrome métabolique est défini par l’association d’au moins trois des facteurs suivants : hypertriglycéridémie, taux de HDL cholestérol bas, élévation des chiffres de pression artérielle, obésité abdominale, anomalie de la tolérance glucidique. La présence du syndrome chez un individu augmente son risque de développer un diabète de type 2.

Ainsi dépression et syndrome métabolique sont tous les deux reconnus comme des facteurs de risque de diabète de type 2.

L’étude populationnelle prospective

Des chercheurs de l'Université McGill, de l'Institut de recherches cliniques de Montréal affilié à l'Université de Montréal et de l'Université de Calgary ont, dans une étude populationnelle prospective, montré que les individus présentant dépression et syndrome métabolique ont un risque beaucoup plus important de développer un diabète de type 2.

2525 personnes, de 40 à 69 ans, ne présentant pas de diabète ont été suivis pendant environ 4,5 ans. En fonction de la présence ou pas de dépression et de syndrome métabolique, 4 groupes ont été formés : pas de dépression ni syndrome métabolique (groupe de référence), 2 groupes avec la présence d’un seul statut chacun. Les participants du dernier groupe présentaient une dépression et un syndrome métabolique.

Par rapport au groupe de référence, les participants du dernier groupe voyaient leur risque de développé le diabète multiplié par plus de six. Par contre, il n’y avait pas de sur risque chez les participants atteints de dépression seule en comparaison aux témoins sains. De plus, l'analyse révèle que l'effet conjugué de la dépression et des symptômes métaboliques est plus marqué que la somme de ces effets pris individuellement.

Les liens entre la dépression, les dérèglements métaboliques et le risque de diabète sont multiples, et plusieurs hypothèses sont avancées. Les patients déprimés sont moins susceptibles de suivre les conseils de leur médecin pour la prise en charge du syndrome métabolique, qu'il s'agisse de prendre un médicament, d'arrêter de fumer, de bouger plus ou de manger plus équilibré. Or, bien souvent, le syndrome métabolique empire en l'absence d'une prise en charge efficace, ce qui risque d'accentuer les symptômes dépressifs. Des mécanismes physiopathologiques communs existent aussi. De plus certains antidépresseurs peuvent eux aussi engendrer un gain de poids.

Ces résultats suggèrent qu’il est essentiel d’identifier ces patients à risque et d'adopter à leur égard une démarche thérapeutique globale. Traiter la dépression et agir sur les habitudes de vie pour améliorer l’état de santé global.

Article en question : Schmitz N, Deschênes SS, Burns RJ, et al. Depression and risk of type 2 diabetes: the potential role of metabolic factors. Mol Psychiatry. 2016 Feb 23. doi: 10.1038/mp.2016.7. [Epub ahead of print]

Lien vers l’article : http://www.nature.com/mp/journal/vaop/ncurrent/pdf/mp20167a.pdf

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