Vécu et perception /

LES ACTUALITÉS

  • Prise de risque et comportements de santé


  • Par Tzahit ST et al., Mise en ligne le

  • 21/10/2016


Contexte

Plus que d’autres maladies chroniques, le diagnostic de diabète oblige la personne malade à de profondes modifications de ses habitudes de vie. La mise en place et le maintien de ces « bons » comportements de santé sont corrélés au contrôle de la maladie.

De nombreux facteurs expliquent les difficultés d’adhésion à ces modifications de comportement : la motivation, l’auto-efficacité, la littératie en santé, les croyances de santé… La littérature nous montre de plus que les personnes qui ont un comportement de recherche du risque sont plus sensibles à la récompense immédiate, sont considérées comme plus impulsives et sont moins enclin à supporter les privations induites par les comportements favorables à la santé, même si ceux-ci améliore celle-ci à long terme. Ces résultats proviennent d’études concernant des comportements comme le port de la ceinture de sécurité, le sevrage tabagique ou la réalisation des tests de dépistage. Par contre peu de données sont disponibles sur la relation entre recherche du risque et modification des comportements dans la maladie chronique.

Méthode

Dans l’étude présentée ici, les auteurs utilisent des questionnaires validés auprès de 408 patients diabétiques de type 2 pour évaluer l’adhésion, l’auto efficacité, l’impulsivité, la perception de la maladie, la relation interpersonnelle dans le soin, leur recherche du risque. Des données socio-démographiques, et celles concernant la sévérité et le contrôle du diabète sont aussi récoltées.

La gravité de la maladie et le contrôle glycémique étaient semblables quel que soit l’attitude face à la recherche du risque.

Les analyses multivariées montrent que la forte recherche du risque (concerne 40 % de la population étudiée) est associée à une moins bonne adhésion à une alimentation équilibrée, et plus particulièrement au contrôle des matières grasses à l’activité physique et à la réalisation d’une auto-surveillance glycémique.

L’étude n’établit pas, par contre, de relation avec l’adhésion au traitement médicamenteux, mais il faut souligner que celle-ci était considérée comme optimale chez plus de 90 % des personnes participant à l’étude. Des études complémentaires avec une mesure plus objective de l’adhésion au traitement sont nécessaires pour valider ce point. En même temps, prendre des traitements est probablement plus facile, dès que cela est inscrit dans l’habitude, que de modifier ses habitudes de vie.

Commentaire

Cette étude vient confirmer que la modification de comportement est un phénomène complexe influencée par nombre de facteurs. Elle met en lumière, un nouvel aspect de cette modification, qui est la recherche du risque. Une meilleure connaissance de ce facteur doit permettre une orientation plus adaptée des interventions auprès des personnes qui ont besoin de changer de comportement.

Article en question : Tzahit ST et al. Adherence to self-care behaviors among patients with Type2 Diabetes. The role of risk preferences. Value in health - 2016, 19:844 – 851

Lien vers l’article : http://dx.doi.org/10.1016/j.jval.2016.04.003

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